La pénurie de carburant qui touche plusieurs stations TotalEnergies en Alsace, en Moselle, dans les Vosges et dans le Territoire de Belfort s’explique par la combinaison de difficultés d’approvisionnement liées au Rhin et d’une forte demande dans les stations du groupe.
Le Rhin, artère essentielle du transport de carburant dans l’Est de la France, reste à un niveau exceptionnellement bas malgré les dernières pluies. Cette situation complique l’acheminement des hydrocarbures et peut avoir des conséquences bien au-delà des seules communes alsaciennes.
Le Rhin, au cœur des difficultés d’approvisionnement
Une partie importante de l’approvisionnement pétrolier de l’Alsace passe par les installations de Strasbourg, Reichstett et Mulhouse, alimentées notamment par voie fluviale.
Or, la sécheresse a considérablement réduit le niveau du Rhin. Les précipitations récentes n’ont pas suffi à rétablir des conditions normales de navigation. À Kaub, en Allemagne, le niveau est remonté temporairement à environ 21 centimètres le 12 octobre, après être descendu à −6 centimètres le 1er octobre. Le 18 octobre, il se situait de nouveau entre 7 et 10 centimètres, très loin du repère de basses eaux de 77 centimètres à cette station. Ces relevés illustrent la persistance des difficultés de navigation.
Lorsque les barges ne peuvent plus transporter leurs volumes habituels, les livraisons vers les dépôts diminuent. TotalEnergies doit alors chercher des solutions alternatives, notamment dans des dépôts plus éloignés, comme Dijon et Saint-Baussant, en Meurthe-et-Moselle. Les trajets des camions-citernes s’allongent, les rotations diminuent et le réapprovisionnement des stations devient plus compliqué.
Pourquoi Bitche, Sarrebourg, Saint-Dié et Belfort sont-ils concernés ?
Les conséquences de cette situation ne se limitent pas à l’Alsace. Les dépôts pétroliers et les circuits de transport forment un réseau régional : une perturbation de l’approvisionnement peut entraîner des retards et des tensions sur les stocks dans plusieurs territoires.
- En Alsace, les difficultés sont directement liées à la dépendance d’une partie des approvisionnements au transport fluvial sur le Rhin.
- À Bitche et Sarrebourg, en Moselle, les tensions régionales sur les livraisons peuvent provoquer des ruptures dans certaines stations.
- À Saint-Dié-des-Vosges, les difficultés de réapprovisionnement et la réorganisation des tournées peuvent également fragiliser les stocks.
- À Belfort, les ruptures observées montrent que les tensions dépassent les frontières de l’Alsace et touchent également le nord de la Franche-Comté.
Il faut toutefois préciser que toutes les stations de ces villes ne sont pas nécessairement approvisionnées directement depuis le Rhin. Leur exposition dépend des dépôts qui les desservent et des solutions logistiques utilisées. Le fleuve constitue néanmoins un maillon stratégique dont les difficultés peuvent se répercuter sur une partie du réseau régional.
Les prix de TotalEnergies accentuent la pression
À ces contraintes logistiques s’ajoute l’attractivité des prix pratiqués par TotalEnergies. Le plafonnement des tarifs à la pompe attire davantage d’automobilistes, ce qui accélère la consommation des stocks alors que les livraisons sont perturbées.
Le phénomène s’amplifie : les stations se vident plus rapidement, les camions-citernes ne peuvent pas toujours arriver à temps et les automobilistes se reportent sur les stations voisines, augmentant à leur tour la demande.
Conclusion : une crise logistique qui dépasse l’Alsace
La pénurie de carburant chez TotalEnergies résulte donc de la combinaison de trois facteurs : un Rhin toujours très bas malgré les dernières pluies, des circuits de livraison rendus plus contraignants et une forte demande liée à l’attractivité des prix du groupe.
Cette combinaison explique pourquoi des territoires aussi différents que l’Alsace, Bitche, Sarrebourg, Saint-Dié et Belfort peuvent connaître des ruptures au même moment. Tant que les conditions de navigation ne permettront pas de retrouver des volumes de transport suffisants et que les dépôts ne seront pas pleinement réapprovisionnés, les tensions pourront persister.
Le problème ne se résume donc pas à un manque de carburant dans une ville : il révèle la vulnérabilité d’un réseau d’approvisionnement régional dont le Rhin est l’un des maillons essentiels.